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Développement spatial des plantations d’anacardiers (Anacardium occidentale L.) et conflits fonciers dans la commune de Djibanar à la frontière entre le Sénégal et la Guinée-Bissau

AUTEURS : Boubacar SOLLY - Julia REROLLE - El Hadji Balla DIEYE - Oumar SY- Tidiane SANE

Résumé

Située en zone frontalière entre le Sénégal et la Guinée-Bissau, la commune de Djibanar connait depuis quelques décennies d’importantes mutations spatio-temporelles. Cette situation résulte, pour l’essentiel, de la transformation de la végétation et des zones de culture en plantations d’Anacardium occidentale L., une culture de rente en forte extension du fait de sa valeur économique et des enjeux que cela suscite. Cette étude a pour objectif d’analyser les modifications dues à la culture de l’Anacardium occidentale L. dans le paysage et les conflits fonciers qui en découlent dans la commune de Djibanar. La méthodologie utilisée est basée sur la cartographie par photo-interprétation des images Google Earth Pro de 2004 et 2022 acquises avec une résolution spatiale de 4m, et sur des entretiens semi-structurés réalisés auprès des populations, puis soumis à une analyse textométrique. La cartographie de l’occupation des sols a montré une augmentation importante des superficies de plantations d’Anacardium occidentale L. de 2297,2 ha entre 2004 et 2022 ; soit 1186,5 ha (7,2%) au détriment de la végétation et 1106,6 ha (6,8%) au détriment des zones de cultures pluviales. Cette augmentation des superficies de l’anacardier s’explique par sa forte valeur économique. Elle est à l’origine de plusieurs conflits fonciers du fait de l’empiètement de la forêt classée de Bafata, de la vente illégale de terres du domaine national, des défrichements de type abatis et de l’empiètement de la frontière. Pour la résolution des conflits, des cadres de concertation dits Comités de Gestion de Paix (CGP) sont mis en place.

Abstract

Located in the border area between Senegal and Guinea-Bissau, the municipality of Djibanar has been experiencing significant spatio-temporal changes for several decades. This situation results, for the most part, from the transformation of vegetation and cultivation areas into plantations of Anacardium occidental L., a cash crop that is expanding rapidly due to its economic value and the issues that this raises. This study aims to analyze the changes due to the cultivation of Anacardium occidental L. in the landscape and the resulting land conflicts in the municipality of Djibanar. The methodology used is based on mapping by photo-interpretation of Google Earth Pro images from 2004 and 2022 acquired with a spatial resolution of 4m, and on semi-structured interviews carried out with the populations, then subjected to a textometric analysis. Land use mapping showed a significant increase in the areas of Anacardium occidental L. plantations of 2297.2 ha (7.2%) between 2004 and 2022; i.e. 1186.5 ha (6.8%) at the expense of vegetation and 1106.6 ha at the expense of rainfed crop areas. This increase in the areas of the cashew tree is explained by its high economic value. It is at the origin of several land conflicts due to the encroachment of the classified forest of Bafata, the illegal sale of land in the national domain, clearings of the abatis type and the encroachment of the border. For the resolution of conflicts, consultation frameworks called Peace Management Committees (CGP) are put in place.                       


Ó Référence électronique

Boubacar SOLLY, Julia REROLLE, El Hadji Balla DIEYE, Oumar SY, Tidiane SANE, « Développement spatial des plantations d’anacardiers (Anacardium occidentale L.) et conflits fonciers dans la commune de Djibanar à la frontière entre le Sénégal et la Guinée-Bissau », Revue Espaces Africains (En ligne), 3 | 2023 (Varia), Vol. 1, ISSN : 2957- 9279, mis en ligne, le 30 décembre 2023, p. 106-121.


 

La revue Espaces Africains est adossée au groupe de recherche pluridisciplinaire et international Populations, Sociétés & Territoires (PoSTer) basé à l’Université Jean Lorougnon Guédé (UJLoG) de Daloa en Côte d’Ivoire.